Philippe Risoli: « Même le jour de ma mort, je n’aurai jamais le fin mot de l’histoire sur les raisons de mon éviction de TF1. »

09 janvier, 2024 / Jerome Goulon

Dans les années 1990, Philippe Risoli a été la star de TF1, en animant des émissions cultes telles que Jeopardy !, Millionnaire et bien sûr Le Juste Prix. Malgré une forte popularité, l’animateur a brutalement disparu de l’antenne en 2001, sans avoir jamais vraiment reçu d’explications. Aujourd’hui âgé de 70 ans, Philippe Risoli publie un livre, Dites bien à mon fils que je l’aime, dans lequel il revient sur sa vie et son parcours à la télé. Un ouvrage intimiste dans lequel il se livre comme jamais. À cette occasion, il s’est confié dans un long entretien. Voici un extrait de son interview, à retrouver en intégralité dans le nouveau numéro d’Entrevue, en vente ce mercredi 10 janvier…

Marie Giancani : Le titre de vos mémoires est Dites bien à mon fils que je l’aime. Expliquez-nous ce choix…
Philippe Risoli : C’est une phrase qui a été dite par mon père il y a deux ans, lorsqu’il est mort. Il a dit ça à l’infirmière. Je n’étais pas présent à sa demande. La veille, quand je suis allé le voir au CHU d’Amiens en soins palliatifs où il était hospitalisé pour un cancer de la plèvre dû à l’amiante, il m’a dit très clairement : « Va t’en, je ne veux pas que tu me vois mourir ! » Une phrase très forte. On est restés 5 minutes à se regarder les yeux dans les yeux, jusqu’à ce que l’infirmière me demande de le laisser, car c’était son souhait. Et le lendemain, l’infirmière m’a appelé pour me répéter ces mots. Mon père était la toute dernière personne qui me connaissait dans mon cercle rapproché. Mes oncles, mes tantes, mes grands-parents et ma mère étaient déjà partis. J’avais donc envie de leur rendre hommage dans mon livre, en plus évidemment de parler de ma passion pour les médias.

Marie Giancani : À propos de médias, des années après, connaissez-vous la raison de votre éviction soudaine de TF1 ?
J’en ai une toute petite idée, mais je crois que même le jour de ma mort, je n’aurai jamais le fin mot de l’histoire sur les raisons de mon éviction de TF1. C’est un métier où vous faites une émission, un décideur qui est présent au tournage va dire que c’était magnifique. Et puis si l’audimat est décevant, cette même personne va vous dire que de toute façon, elle n’y avait jamais cru. 

Votre départ de TF1 a été violent  ?
Je ne me suis jamais engueulé avec TF1, j’ai toujours eu des rapports cordiaux, que ce soit avec Patrick Le Lay ou Étienne Mougeotte. Il s’est sûrement passé quelque chose que j’essaye de comprendre… J’ai un certain nombre de pistes. Vous savez, parfois, il suffit qu’il y ait un changement au sein d’une direction, que celui qui arrive ait une affection particulière pour un autre animateur qui fait partie de son cercle d’amis, et voilà… Il n’y a pas 50   000 places en télé, donc si la direction veut amener son pote, il faut libérer une place. Je pense que c’est ce qui m’est arrivé.

Vous regardez la télévision aujourd’hui malgré en avoir été évincé ? 
Vous savez, moi, je suis vraiment un enfant de la télé. Je regarde les talk show, ça m’a toujours intéressé. Je regarde souvent Cyril Hanouna. C’est celui qui m’invite le plus d’ailleurs. Quotidien, par exemple, ils ne m’ont jamais invité alors que mon bouquin parle de TF1 et que je ne dis absolument pas de mal de TF1, au contraire. Mais je ne dois pas avoir l’image qu’ils souhaitent donner à leur émission… On peut dire ce qu’on veut d’Hanouna, faire tous les Complément d’enquête que l’on veut, lui, au moins, il invite tout le monde sans faire de discrimination. Ce n’est pas comme d’autres…

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Philippe Risoli dans le nouveau numéro d’Entrevue, en vente ce mercredi 10 janvier…