Lors du débat présidentiel du 10 septembre 2024 à Philadelphie, Donald Trump a suscité une vive réaction en réitérant une accusation infondée selon laquelle des immigrants consommeraient des animaux domestiques, tels que des chats et des chiens, dans des villes américaines. Cette affirmation, déjà propagée par certains membres du Parti républicain, notamment dans le cas de Springfield, Ohio, a été fermement démentie par les autorités locales. Trump a pourtant insisté, déclarant : « Ils mangent les animaux de compagnie des gens », une remarque qui a provoqué les rires moqueurs de sa rivale, Kamala Harris.
Le discours de Trump s’inscrit dans une rhétorique de plus en plus hostile à l’immigration, souvent marquée par des stéréotypes et des désinformations. Le mythe selon lequel les immigrés, particulièrement ceux issus de la communauté asiatique, consommeraient des animaux domestiques a une longue histoire aux États-Unis, remontant à la fin du XIXe siècle. Ce stéréotype avait déjà été utilisé contre les immigrants chinois, et il réapparaît aujourd’hui dans un contexte d’hostilité croissante envers les migrants haïtiens.
Dans le cas spécifique de Springfield, des rumeurs ont circulé sur des migrants haïtiens accusés d’avoir mangé des chats et des canards dans les parcs de la ville. Cependant, ces accusations ont été formellement réfutées par la police locale. Malgré cela, la propagation de ces fausses informations sur les réseaux sociaux a contribué à alimenter un climat de méfiance et de peur envers les migrants.
L’incident illustre la manière dont la désinformation peut rapidement influencer le débat public, en particulier lorsqu’elle est reprise par des personnalités politiques de premier plan. Alors que Trump continue d’appuyer sa campagne sur des affirmations controversées, le ton du discours républicain sur l’immigration devient de plus en plus virulent, rappelant les attaques historiques contre les communautés immigrées aux États-Unis.
Le débat sur l’immigration, loin de se concentrer sur des questions de politique ou d’infrastructure, glisse parfois vers des récits sensationnalistes qui exacerbent les divisions au sein de la société américaine. Au-delà des affirmations de Trump, la tendance à diaboliser les migrants et à propager des récits fallacieux reste un défi majeur pour la cohésion sociale dans le pays.