Cloud computing : Google attaque Microsoft pour abus de position dominante

Cloud computing : Google attaque Microsoft pour abus de position dominante

Google a déposé une plainte contre Microsoft auprès de la Commission européenne, accusant son rival de pratiques anticoncurrentielles dans le domaine du cloud computing. Le géant de la recherche en ligne reproche à Microsoft d’utiliser sa position dominante avec son logiciel Windows Server pour inciter les entreprises à adopter sa plateforme Azure, en rendant coûteux l’accès aux services de cloud concurrents, tels que Google Cloud et Amazon Web Services (AWS).

Une stratégie de verrouillage dénoncée

Selon Google, les conditions de licence imposées par Microsoft sur Windows Server empêchent les entreprises européennes de migrer facilement leurs charges de travail vers des plateformes concurrentes, comme Google Cloud. Les utilisateurs de Windows Server qui souhaitent basculer sur une autre plateforme de cloud seraient confrontés à des surcoûts pouvant atteindre 400 % et à des limitations en matière de mises à jour de sécurité. Google dénonce également la mise en place de « barrières d’interopérabilité » depuis 2019, date à laquelle Microsoft aurait commencé à durcir ses conditions d’utilisation pour ses clients cherchant à quitter Azure.

Le marché du cloud en Europe est en pleine expansion, avec une croissance de 20 % entre 2023 et 2024 selon les estimations de Google. Microsoft, grâce à sa domination dans le secteur des logiciels d’entreprise, notamment avec Windows Server, capte une part de marché significative avec Azure. Google, qui détient 11 % du marché mondial du cloud contre 25 % pour Microsoft et 31 % pour AWS, accuse son concurrent d’empêcher une concurrence loyale.

Le vice-président de Google Cloud, Amit Zavery, a déclaré que ces pratiques anticoncurrentielles nuisent non seulement aux concurrents directs de Microsoft mais aussi aux entreprises européennes, en augmentant leurs coûts et en ralentissant leur adoption du cloud.

Réaction de Microsoft et précédent juridique

Cette plainte intervient après que Microsoft a déjà été visé par une enquête antitrust pour ses pratiques liées à l’intégration de Teams dans sa suite Office. Bien que la Commission européenne ait estimé que Microsoft enfreignait les règles de concurrence, les modifications proposées par l’entreprise n’ont pas été jugées suffisantes.

Microsoft a réagi en affirmant que ses pratiques étaient conformes aux règles de concurrence et que l’accord trouvé en 2023 avec des fournisseurs européens de cloud, comme OVH, devrait être un exemple de bonne conduite. Le géant de Redmond a cependant évité une enquête formelle grâce à cet accord à l’amiable.

La plainte de Google pourrait relancer les débats sur la domination de Microsoft dans le secteur des logiciels d’entreprise et du cloud. En exigeant que les clients puissent utiliser leurs licences Windows Server sur n’importe quelle plateforme de cloud sans surcoût, Google espère rétablir une concurrence plus équitable sur ce marché en pleine croissance. La Commission européenne devra maintenant examiner ces accusations et déterminer si des sanctions ou des régulations supplémentaires sont nécessaires.

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