Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, s’est exprimée ce vendredi matin sur France Info, réagissant aux premières annonces de Michel Barnier, récemment nommé Premier ministre, et appelant à la censure du gouvernement.
Concernant les mesures fiscales visant les ménages les plus riches et les entreprises à forts profits, Carole Delga s’est montrée favorable à l’initiative du Premier ministre. En revanche, sa nomination demeure inacceptable pour l’élue socialiste, qui rappelle son soutien aux candidatures de Bernard Cazeneuve et Laurence Tubiana. Selon Delga, il est impératif de censurer le gouvernement lors du vote prévu à l’Assemblée nationale. Pour elle, le président de la République Emmanuel Macron n’a pas respecté la volonté des Français en ne choisissant pas une personnalité de gauche à la tête du gouvernement. “Dans le Front républicain, une majorité s’est clairement exprimée pour la gauche, il aurait été respectueux pour les Français d’avoir un Premier ministre ou une Première ministre de gauche”, a-t-elle affirmé.
Carole Delga a également critiqué la décision de ne pas remplacer l’ensemble des fonctionnaires partant à la retraite, une annonce faite par Michel Barnier. “On ne peut pas stigmatiser les fonctionnaires. Les présenter comme étant la source du mal, ce n’est pas vrai”, a-t-elle déclaré. Pour elle, les services publics sont essentiels pour maintenir la République debout. Elle s’est dite ouverte à une réforme, mais a critiqué ce qu’elle considère être une attaque typiquement “de droite” contre les fonctionnaires.
Quant à la proposition de fusionner certains services publics pour réaliser des économies, Delga a indiqué ne pas être opposée à l’idée, évoquant la nécessité de supprimer les doublons entre le ministère de l’Économie (Bercy) et les collectivités locales. Elle a également suggéré de revoir le système de financement des transports, notamment en s’attaquant aux concessions autoroutières pour redistribuer les fonds au rail.
En matière de fiscalité, Carole Delga soutient l’idée d’une imposition “plus juste” comme le propose le Premier ministre, dans un contexte budgétaire jugé “extrêmement préoccupant”. Elle plaide pour une taxation des superprofits et des plus riches, et souhaite davantage de détails sur les simulations fiscales. “Après des années de macronisme qui ont vu la dette filer, il est indispensable d’avoir plus de justice fiscale et de générer plus de recettes”, a-t-elle insisté.
Delga, qui est aussi présidente de l’association Régions de France, a appelé à une “France plus décentralisée”, avec davantage de moyens pour les collectivités. Elle a rejeté les accusations de mauvaise gestion locale, en réponse à la Cour des comptes qui propose de supprimer 100 000 fonctionnaires territoriaux.
Malgré son soutien partiel à certaines mesures, Carole Delga a clairement annoncé son intention de soutenir la censure du gouvernement. “Il faut censurer Michel Barnier, parce que la décision du président de la République de ne pas respecter le vote des Français est grave pour la démocratie”, a-t-elle martelé. Cependant, avec seulement 193 députés du Nouveau Front populaire, il manque 96 voix pour faire tomber le gouvernement.