Cinéma : sortie de « La Légende » !

Cinéma : sortie de « La Légende » !
07 Juin 2018

À l’occasion de la sortie du film La Légende, en partenariat avec Entrevue, nous avons rencontré le réalisateur du film, Florian Hessique, qui tient aussi le rôle principal du film. Voici son interview !

Entrevue : Ton film sort le 6 juin. C’est quoi l’histoire ?
Florian Hessique :
C’est l’histoire d’un basketteur, Jean-Christophe Markovic, qui  vient de faire la meilleure saison de sa carrière. Mais contre toute attente, il retourne dans son club formateur, Angers. Son objectif est d’être sélectionné en équipe de France, pour le championnat d’Europe. Il va tout faire pour être le leader de son équipe. Mais il cache un lourd secret…

Le titre du film est La Légende. C’est ambitieux… Quand on entend « La légende », on pense plutôt à Michael  Jordan…
En fait, il y a deux raisons qui justifient ce titre. La première, c’est le surnom que les supporters ont donné au héros du film. Pour la deuxième, je ne veux pas spoiler, donc il faut voir la fin du film pour comprendre… À la rigueur, si les spectateurs veulent comprendre le titre, ils peuvent acheter un billet et ne voir que la fin du film (Rires).

Donc «La légende» n’est pas le surnom que la petite amie du héros lui donne ?
Non (Rires). Pas du tout. 

Tu sors un film sur la basket en même temps que la Coupe du monde de foot. C’est plutôt osé…
C’est ambitieux (Rires). En vrai, on ne peut pas forcément choisir la date de sortie d’un film. Après, je ne connais pas de film français sur le basket, et je pense qu’il y a un créneau à prendre. Je pense que les fans de basket iront voir ce film, mais pas seulement eux ! Ce film est avant tout une histoire grand public, humaine, et même si l’on ne connait rien au basket, on peut tout à fait aimer le film. C’est une histoire de vie, l’histoire d’un homme qui fera tout pour atteindre ses objectifs.

Toi-même, tu as été basketteur de haut niveau ?
Oui. Avant d’être dans le cinéma, j’étais sportif. J’ai joué en France à haut niveau entre 2002 et 2009. C’est évident que l’inspiration est venue de là. Et puis, avant La Légende, il n’y avait jamais eu de film sur les coulisses du basket français, et c’est un sujet que je maîtrise. Je trouve dommage que le basket français ne soit pas plus médiatisé. Même la pétanque, qui est retransmise sur L’Équipe 21, est plus diffusée que le basket français. C’est dommage !

Ton film montre les coulisses du basket. Tu dénonces des choses en particulier ?
On parle notamment de la marchandisation des sportifs et aussi du dopage. 

Il y a du dopage dans le basket français ?
Je précise tout de suite : le basket n’est pas truffé de gens dopés. Mais comme dans tous les sports, il y a des gens qui améliorent leurs performances, qui peuvent éliminer la fatigue plus rapidement. On a parfois l’impression que le dopage ne concerne que le vélo, mais non… Beaucoup de sports sont touchés.

Justement, pourquoi ça ?
Il y a beaucoup d’affaires de dopage dans le vélo car le cyclisme est ultra contrôlé. Le basket, lui, n’est pas ultra contrôlé, comme plein d’autres sports. Après, cette différence de contrôles selon les sports, ça dérange certains, ça en arrange d’autres. Chacun voit midi à sa porte. Donc je répète, La Légende se déroule dans le milieu du basket, mais on aurait pu traiter du dopage dans n’importe quel autre sport. Ce film un message destiné aux jeunes. 

Et c’est quoi le principal message du film ?
On peut avoir un objectif, mais il ne faut pas que ce soit au détriment de sa santé et des autres. Souvent, le sport de haut niveau, c’est le miroir aux alouettes. On ne voit que ce qui est montré à la télé, et ça ne représente que 10% de la vie d’un sportif. Donc je montre ce qui se passe pendant un match, mais aussi tout le reste du temps…

Toi, en tant que joueur, tu as été confronté au dopage ?
Pas directement. Après, il y a des joueurs qui peuvent prendre des compléments alimentaires qu’ils trouvent sur Internet. Et s’ils étaient contrôlés, ils seraient sans doute contrôlés positifs. Le problème, dans ces sports moins contrôlés que d’autres, c’est que les joueurs sont beaucoup dans l’automédication. Ça laisse la porte ouverte aux dérives…

Les joueurs de NBA gagnent des dizaines de millions de dollars. Mais combien gagne un basketteur en France ?
Il y a des basketteurs américains qui jouent en France et qui touchent entre 15 000 et 20 000 euros par mois. Après, pour les basketteurs français, ça varie énormément. Un basketteur français moyen gagne entre 1 500 et 6000 € par mois. On est loin du côté strass et paillettes avec villa de luxe et Porsche. Dans la réalité, le club loue aux joueurs un appartement à peine décoré, car tu ne sais jamais combien de temps un joueur va rester… 

Dans ton film, tu dénonces la marchandisation des joueurs. Pourtant, le basket a besoin d’être plus médiatisé… Donc en quoi cet aspect est-il mauvais pour ce sport ?
Dans mon film, c’est un point obscur, car on montre qu’on peut payer un joueur plus cher qu’un autre non pas parce qu’il est meilleur, mais parce qu’il va permettre de plus grosses retombées économiques. Payer un joueur très cher ne me dérange pas s’il amène quelque chose sur le terrain. Si les résultats sportifs passent au second plan, ça me dérange plus…

On sent que c’est l’ancien basketteur de haut niveau qui parle….
C’est vrai. Ce n’est pas un milieu très sain, contrairement à ce qu’on pense. Il y a beaucoup de gens incompétents à leur poste, que ce soit des dirigeants ou des entraîneurs. Je pense qu’il y a des joueurs qui arrivent dans des équipes sans qu’on sache ce qu’ils viennent faire là. C’est des arrangements entre clubs et agents. Il y a un côté très obscur dans le basket. 

Certaines critiques ont dit que tu n’étais pas crédible dans la rôle de basketteur, car on s’attend plus à voir un joueur de la carrure d’un Shaquille O’Neal…
Dans l’imaginaire, le basketteur mesure forcément 2m pour 120 kg. Mais il y a des postes, comme les meneurs de jeu, où les joueurs sont plus petits. En France, des meneurs qui font entre 1,70m et 1,80m, il y en a pas mal. Mais c’est vrai que le regard est attiré par les grands. Un géant de 2,10m qui dunke, c’est forcément plus spectaculaire. Cela dit, on ne va pas se mentir, c’est vrai que tu as  plus de chances de devenir pro si tu mesures 2,10m que si tu mesures 1,70m…

En NBA, on voit quand même beaucoup plus de grands que de petits…
Il y a une vraie différence entre le basket français et américain. Aux USA, le jeu est basé sur le nombre de point marqués. En France, c’est plus basé sur la défense. Le basket européen est tactiquement très pointu, mais au niveau du show, c’est moins spectaculaire que le basket américain. 

Qui est le meilleur des deux : Markovic, ton personnage dans le film, ou toi-même ?
Markovic ! (Rires) Lui, il ne rate rien !

Si tu devais choisir entre un Oscar et un titre de champion NBA ?
Ce serait un Oscar ! Le titre NBA, je n’aurais jamais eu le niveau, et à mon âge, ça va être compliqué. Je ne dis pas que j’ai le niveau pour un Oscar, mais dans la durée, j’ai plus d’espoir d’avoir un Oscar qu’un titre de champion NBA (Rires).

Pour finir, quel est ton favori pour la Coupe du monde de football ?
Je pense que la France est malheureusement plus challenger que favori. Je vois l’Allemagne gagner, ou bien l’Espagne. En espérant, bien évidemment, que ce soit la France… 

 

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